A Agou, à l’instar de toute l’Afrique de l’Ouest, le mois de juillet 2018 est intense pour les planteurs d’arbres : les plants entretenus depuis le début d’année dans les pépinières sont prêts à être repiqués, la saison des pluies commence ou s’intensifie, donc les communautés ont hâte de mettre en terre les jeunes pousses.
Démarrée en juin, la distribution des jeunes plants aux écoles et aux familles s’est bien terminée. Dans le cadre du programme Plant&Protect 2018 de l’entreprise ORESYS, ce sont plus de 10 000 arbres qui ont été plantés, dont plus de la moitié en moringa.
Dans le cadre du suivi des plantations de l’année précédente, l’équipe de CADO s’est rendue au Lycée d’Amouzou Copé (localité importante du Togo dont la première source de revenus de la population est agricole). Ce groupe scolaire qui réunit le deuxième et troisième degré est situé à environ 30 km d’Agou, au bord de la nationale 5 entre Kpalimé et Lomé. En 2017, cet établissement avait planté 3 400 arbres grâce au soutien de Plant&Protect.
L’équipe de CADO est accueillie chaleureusement par Mr Kokou Derrick ATSOU, Proviseur. CADO a pu constater que les élèves et le corps enseignants de l’établissement ont mis en place des actions pour protéger les plants mis en terre l’année passée. Le proviseur montre en effet à CADO une barrière construite près de la route pour recueillir les eaux de ruissellement. Comme l’école remplace en ce moment même les plants manquants de 2017 qui n’ont pas résisté à la sécheresse, cette eau sert à arroser ces derniers : nous avons trouvé cela génial ! Le proviseur, très motivé, nous demande ensuite de le suivre vers la plantation. En chemin, il nous dit :

« Partout où je passe, je laisse une trace qui est la mise en terre d’un plant. Merci et bravo à CADO et ses partenaires de soutenir nos efforts. Mais je vais aussi vous raconter ce que cela peut créer comme liens. Récemment, le Chef Canton d’Amouzou Copé est venu voir ce que nous avions initié ensemble avec le groupe scolaire le 1er juin 2017. Le chef a pris son temps, il a arpenté la plantation, observé l’entretien que l’établissement ne cesse d’apporter, l’évolution des plants. Puis il me dit, mon proviseur ce que vous venez de faire est impressionnant et louable car on dit que celui qui plante un arbre, n’a pas vécu inutilement. Trois jour après, le chef canton me donne rendez vous à son tour chez lui, tôt le matin. Il me montre une parcelle de 625 m2 en plein centre d’Amouzou Copé (dont je ne suis pas originaire). Il me dit : tu es désormais un enfant de chez nous et le canton a bien voulu t’offrir de t’installer ici, fais un bon usage de ce terrain et, surtout, continue à concrétiser cette vision du développement »

L’agroécologie est une notion récemment utilisée en Afrique. L’agroécologie consiste en une intensification écologique et durable de la production agricole, en mettant l’accent sur la productivité de la terre et du travail puis l’augmentation des revenus des agricultures familiales. La transition agroécologique implique d’accompagner les producteurs afin qu’ils fassent évoluer leurs systèmes de production en mobilisant au mieux les processus écologiques qu’offre la nature (recyclage des biomasses, fixation symbiotique de l’azote, etc.), et en réduisant l’usage des intrants de synthèse tout en cherchant à les utiliser de manière plus efficiente.
Dans le cadre du projet OPASASE-Togo mené par l’Unité Technique Café Cacao (UTCC) et le Laboratoire de Recherche Forestière (LRF) en collaboration avec Kinomé et Le Mouvement Forest and Life, les planteurs de caféiers et de cacaoyers au Togo bénéficient d’appuis spécifiques pour la reforestation des agroforêts, la restauration du couvert végétal (ombrage dans les caféiers et les cacaoyers) et le réglage de l’ombrage dans ces vergers afin d’améliorer leur productivité (services et biens écosystémiques).

A ce jour, 6500 essences agroforestières (2000 plants d’Erythrophleum guineensis, 1000 plants de Terminalia superba et 3500 plants de Samanea saman) ont été mises en terre dans une centaine de vergers de caféiers et de cacaoyers de la zone forestière du Togo. Tout ce processus est accompagné par des appuis-formatifs pour la mise en terre et l’entretien de ces plants. Cette action vise à contribuer à lutter contre la pauvreté des populations vulnérables dans la zone, améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle, et renforcer la résilience des exploitations familiales face aux effets du changement climatique et leurs conséquences.

Souvenez-vous, en 2016, nous vous partagions déjà l’intérêt des radios rurales dans la sensibilisation au moringa au Togo. A Tchamba aussi, INADES s’appuie sur ce véhicule pour informer le grand public rural sur la place du Moringa dans les nouvelles pratiques agricoles et nutritionnelles. Ainsi, dans le cadre du projet soutenu par la Fondation Olga Triballat, les 04 et 22 juin, deux émissions radio ont été animées sur la Radio communautaire de Tchamba par INADES et un représentant de la Direction Préfectorale de l’environnement.
Ces émissions ont porté sur deux thèmes : (i) Opportunités offertes par la filière Moringa pour l’entreprenariat des jeunes et (ii) Protection de l’environnement à travers le reboisement d’espèces multifonctionnelles comme le Moringa.

Sur le terrain, INADES mobilise un autre outil, le Champs test d’innovation, pour former les agriculteurs locaux. Le CTI est un site où les systèmes de cultures sont testés ensemble par les agronomes et les agriculteurs qui souhaitent évaluer la faisabilité du Moringa avant de s’engager dans leurs propres fermes. Des CTI sont soutenus par la Fondation à Kitangoli et Kagnigada.

Le mois de juin a également permis de préparer les pépinières de Moringa. Au total, 1 345 jeunes plants de Moringa ont été produits en pépinière sur quatre (4) sites dont deux (2) par villages. Cinquante-un (51) producteurs dont douze (12) femmes ont participé à la production des plants et à la mise place d’un protocole destiné à tester différentes façons de planter le Moringa (différents écartements, association avec les cultures annuelles). En outre, INADES a organisé en juin des visites inter-coopératives entre les agriculteurs de ces deux villages.

Le canton de Fiokpo (Togo) se situe dans la Région des Plateaux, zone au relief accidenté et dont les sols sont exposés à l’érosion hydrique quand vient la saison des pluies. Dans ce contexte, Forest&Life et ses partenaires locaux, ont engagé dès 2011 un programme de reboisement destiné à protéger les sols et berges de cours d’eau et à développer des sources de diversification des revenus dans cette région spécialisée dans la production de café et de cacao.

Léa Nature a soutenu entre 2013 et 2015 une vaste action ayant permis d’introduire le moringa dans 10 villages du canton. Le moringa est un arbre dont les feuilles, très riches en nutriments, peuvent améliorer la qualité nutritionnelle des repas locaux tout en procurant du revenu à ses planteurs car demandée sur les marchés locaux et étrangers.

Ce premier projet a permis la plantation de plus de 20 000 arbres (pour moitié du moringa), l’établissement d’un lieu d’expérimentation de systèmes de culture de moringa adaptés à la région et enfin la création d’une unité de séchage des feuilles de moringa pour la coopérative de Sévénokopé. A la fin 2017, Léa Nature a annoncé le renouvellement de son soutien pour deux ans. Cette nouvelle phase, confiée à l’ONG Inades-Formation Togo, membre de Forest&Life, comporte trois volets :
• Volet 1 : Plantation de 20 00 arbres (50% de moringa, 50% en diversification des champs de cacaoyer et de caféiers par des fruitiers et des espèces d’arbres d’ombrage);
• Volet 2 : Poursuite des tests sur le champ expérimental et de la création d’une collection de semences forestières locales.
• Volet 3 : Nutrition et sensibilisation à travers la création de jardins partagés dans les écoles.

Le premier semestre de ce nouveau projet a permis de concrétiser les actions suivantes :

• Volet 1 (Plantations) : la première action d’INADES fut de recueillir les besoins des agriculteurs locaux en plants. Soixante dix huit (78) familles se sont inscrites cette année. Sur la base de ce registre :
> plus de 16 000 plants (dont plus de 4 000 moringa) ont été produits dans quatre pépinières locales. Dans le premier projet, tous les plants étaient produits à Volové, ce qui pouvait entrainer des difficultés logistiques au moment de la saison de plantation (les pots sont lourds, les plants peuvent être stressés durant le transport).
> Les sites que les agriculteurs souhaitent reboiser ont été contrôlés par l’animateur local d’INADES. Un géo-référencement est en cours pour assurer la traçabilité et facilité les suivis futurs.

• Volet 2 (Recherche) : une taille des moringa du site expérimental a été réalisée, préalablement à la reprise des essais scientifiques (associations et rotations culturales).

• Volet 3 (éducation environnementale et nutritionnelle) : les enfants du collègue et de l’école primaire de Volové ont pu célébrer la journée officielle de l’arbre au Togo, le 1er juin. Cette célébration a été couplée à la Semaine Planétaire pour un Monde Meilleur. Des séances de sensibilisation ont été organisées pour 231 élèves et 11 enseignants. La sensibilisation a porté globalement sur l’importance de la protection de l’environnement.

Dans le cadre du projet collaboratif entre Kinomé, l’Unité Technique Café Cacao (UTCC) et le Laboratoire de Recherche Forestière (LRF), avec le Mouvement Forest and Live, des producteurs de café cacao ont bénéficié d’un appui à la production de plants agroforestiers qui sont en cours de mise en terre.
Pour cette campagne 2018, huit villages de la région des Plateaux du Togo, zone de prédilection pour la production de café et de cacao ont bénéficié de 1 000 plants agroforestiers chacun (soit 8 000 plants) pour regarnir l’ombrage dans les vergers de caféiers et de cacaoyers appartenant à 197 producteurs dont 30 femmes (15,23 %). Ces villages sont Klonou, Apoti, Dzeyibo, Yikpa Dzigbé, Evou Apégamé, Lomnava, Wobe et Assousse Copé. Des formations ont été apportées aussi dans chaque village afin d’outiller les producteurs sur des bonnes pratiques de plantation.
Après la plantation, ces plants devront être bien soignés et protégés!

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Le 1er juin est décrété journée de l’arbre au Togo. En ce jour, il est demandé chaque togolais de mettre en terre au moins un arbre. Tout le mois de juin est donc considéré au Togo comme mois de l’arbre. Une tradition, qui respectée dans la zone café-cacao, pourrait sauver les vergers de caféiers et de cacaoyers puis permettrait la récupération des terres dégradées.
Dans le cadre du projet OPASASE-Togo conduit par l’UTCC et le LRF en collaboration avec Kinomé et le mouvement Forest and Life, huit communautés villageoises ont été choisi pour bénéficier des appuis du projet afin de reconstituer le couvert végétal dans les agroforêts et ainsi créer les conditions optimales d’une bonne productivité des vergers de cacaoyers et de caféiers. Les arbres sont en cours de distribution (8 000 plants) aux communautés villageoises, pour une plantation à partir du 1er juin 2018.

Les formations sur les techniques de mise en place des arbres agroforestières en pure ou en association avec les cacaoyers/caféiers ont également démarrées. Vivement que les arbres soient plantés et protégés pour un meilleur devenir de l’écosystème !

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Il est de plus en plus évident aux planteurs que la forêt joue un rôle important dans le processus de production de leurs biens : le café et le cacao. Plusieurs travaux de recherche ont permis de prouver cette importance et ont permis aussi d’identifier les essences à utiliser pour un meilleur ombrage dans les vergers pour un meilleur devenir. Mais force est de constater que sur le terrain, il est encore nécessaire de convaincre les populations. Pourquoi donc ?
D’abord les planteurs intéressés à planter individuellement et à qui on a assigné le rôle de replanter la forêt, pensent qu’ils travaillent pour tous les autres. Ensuite, les intérêts immédiats liés à la replantation des forêts ne paraissent pas évidents pour les planteurs: ils voient en priorité les revenus immédiats. Puis il y a le besoin de gagner en confiance pour implémenter des innovations tout en envisageant les résultats sur le long terme.
De ces constats faits par l’UTCC dans les localités de production de café cacao au Togo, ressortent aussi des pistes d’action. D’abord, doubler les formations à la mise en place et à la conduite des pépinières et des vergers de séances de diagnostics participatifs à l’échelle des villages sur les freins à la reforestation et les leviers. La stratégie pour la campagne 2018 ira au-delà des planteurs volontaires pour chercher à impliquer toute la communauté de tout village participant au mouvement. De beaux challenges pour les mois à venir !

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En décembre dernier, les élèves de trois classes de l’école de Marigné Laillé (dans la Sartre), ont planté 1000 arbres dans la forêt domaniale de Bercé. Pour chaque arbre planté en France, 2 seront plantés au Togo.

Les jeunes français, ont partagé leur expérience dans des lettres adressées aux élèves de l’école de Kagnigada au Togo. La correspondance démarre entre les classes !

En mission au Togo, Kinomé a déposé en mains propres les correspondances aux enfants, éveillant joie et curiosité. Ravis de découvrir en photo leurs correspondants, de lire leur expérience, et de découvrir en images les forêts françaises, de multiples questions ont émergé : « Quels arbres ont été plantés ? « Trouve-t-on également des manguiers et des bananiers en France ? ». Les jeunes togolais, désireux de mieux connaître leurs correspondants français, sont en train de préparer leur réponse, sous forme de lettres et de courtes séquences vidéos.

Le projet prévu sur 2 ans (replantation de 2000 arbres à Bercé avec 6 classes, 4000 arbres au Togo, avec 6 classes) a le soutien de la fondation Léa Nature Jardin Bio’ et réunit un ensemble de partenaires : Kinomé, l’ONF, la commune de Marigné Laillé, et l’Inspection Académique.

Au même moment, les correspondances entre les 36 classes participantes au programme Forest&Life dans les landes, communiquent avec trois établissements scolaires du Gabon!

 

Une étude a permis de comprendre les raisons de l’acception ou non de certaines essences forestières par les producteurs de café-cacao dans la zone forestière du Togo. On en déduit plusieurs résolutions dont la non maitrise de la distinction par les producteurs des essences agroforestières des espèces fruitières, les difficultés de reproduction des essences agroforestières et la difficulté de disposer des semences de qualité. Pour les producteurs, c’est une réelle opportunité de se faire former par les équipes de l’Unité Technique Café Cacao (UTCC) et le Laboratoire de Recherche Forestière (LRF), partenaires de Forest&Life.

On a donc en perspective, la formation des jeunes et femmes dans les villages enquêtés et l’appui à la mise en place dans chaque zone de véritables pépinières des arbres agroforestiers que le milieu préfère. Tout ce permettra d’étendre le couvert forestier dans les cacaoyers et les caféiers avec des essences préférées dans chaque zone. La collecte des semences est en cours !

La conservation des agroforêts en saison sèche est très importante pour la pérennisation de leur production et donc le maintien durable des revenus des petits planteurs. La menace permanente de ces agroforêts en saison sèche reste leur destruction par les feux de végétation. C’est dans cette optique que l’Unité Technique Café Cacao (UTCC) a mobilisé ses techniciens pour la sensibilisation et la conscientisation des planteurs autour de ce thème durant les mois de décembre 2017 et janvier 2018.

Cette campagne de sensibilisation a couvert les huit préfectures couvrant les neuf zones de l’aire de production café cacao au Togo à savoir Agou, Kloto, Kpélé, Amou, Danyi, Akébou, Wawa Litimé, Wawa Plateaux et Blitta. Les sujets débattus portaient sur les causes de feux de végétation et la lutte contre ces feux criminels ou non. Au total 2 villages dans chaque zone (soit 18 villages) ont été touchés avec la mobilisation de 504 planteurs dont 126 femmes (25 %). Les causes essentielles identifiées étaient d’origine anthropique (mégot de cigarette non éteint jeté, feux de camp oublié, feux des fabricants de charbon de bois non contrôlé, feux de nettoyage des parcelles, etc.). Les conseils ont essentiellement portés sur le respect de la période des feux précoces et leur technique d’application, la mise en place de pare-feu autour et dans les vergers de cacaoyers et de caféiers, la mise en place de comités anti-feux dans les villages pour lutter efficacement contre les feux au cas où ils surviendraient. Ceci permettra de protéger les nouveaux plants agroforestiers, caféiers et cacaoyers mise ne terre en 2017.
La mise en œuvre effective de ces conseils permettrait autant soit peu le ralentissement des feux de végétation qui emportent en quelques minutes le travail réalisé pendant des années. Vivement que des ressources soient mobilisées pour mettre en place des comités anti-feux dans les communautés afin de former davantage les populations à la gestion des feux de végétation.

En savoir plus sur le programme Forest&Life Togo : c’est ici
Parrainer des arbres au Togo